CTRI-PDG : le bourreau et sa victime en justes noces

Ceux qui avaient diabolisé le Parti Démocratique Gabonais en ont aujourd’hui pour leur compte. Lors du « Dialogue national inclusif », en réalité exclusif, d’Angondjé, l’on se souvient encore du tonnerre d’applaudissements qui avaient suivi la recommandation relative à la dissolution du PDG. Toute la salle était debout pour la saluer. On jubilait et on se congratulait, le tout dans une ambiance hystérique et délirante qui rappelait le jour où le Général Charles de Gaulle débarquait dans la ville de Paris libérée de l’occupation nazie.

Aujourd’hui, entre Le CTRI et le PDG, c’est désormais l’idylle passionnelle, l’amour aveugle. Tous les deux convolent en ce moment  en justes noces, main dans la main, à travers les campagnes du Gabon profond, où ils  apportent la bonne nouvelle, celle de l’arrivée de « Josué », le messie venu de Ngouoni pour libérer le Gabon de la tribu de Bongoville « ex- Lewai ». De vrais tourtereaux en robe de « bâtisseurs » (sic).

 Un véritable cauchemar pour tous ceux qui avaient pensé que l’ex-parti unique était mort et enterré. C’était mal connaitre le système mis en place par Albert Bernard Bongo, devenu El hadj Omar Bongo, puis Omar Bongo Ondimba. Un système né du haut des plateaux Batékés, puis moulé dans les réseaux de la FrançAfrique, afin de s’enraciner et de perdurer. Il a connu des mues ce système, sans que rien ne le change fondamentalement. Il est passé du parti unique au multipartisme, en résistant aux assauts déstabilisateurs de ceux qui voulaient en découdre avec.

 Avec les évènements survenus le 30 août 2023, l’on avait naïvement cru que c’était sa chute, il n’en est rien. Le coup d’Etat militaire lui a tout simplement permis d’échapper à une alternance politique qui lui aurait été fatale. C’est la raison pour laquelle ceux qui l’ont perpétré usent de plusieurs versions pour tenter de le justifier. Tantôt c’est à cause des résultats électoraux « tronqués, quand bien même ceux –là qui avaient commis un tel délit ne sont nullement inquiétés, puis c’est en raison de l’incapacité tant physique que cognitive d’Ali Bongo à pouvoir continuer à présider aux destinées du pays, puis cette autre version qui consiste à soutenir que c’est à cause d’Alain Claude Bilie By Nze, pour l’on ne sait quelle raison.

L’on se rend même étonnement compte qu’Ali Bongo Ondimba n’était que comme un cheveu dans une soupe à l’intérieur dudit système. Tous le haïssaient et lui en voulaient, pour avoir déclaré qu’il n’entendait pas gouverner avec ceux qui avaient collaboré avec son père. Ce qui avait forcé beaucoup de ces derniers à aller se recycler dans l’opposition, en attendant d’en être libérés. Une libération qui a été effective dans la nuit du 3à août 2023

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