Lorsque le candidat Alain Claude Bilié By Nze parle de « Commission – Vérité- Justice – Réparation et Réconciliation », il souhaite que l’on ne mette de la poussière sous le tapis en ne focalisant le débat politique national rien que sur les quatorze (14) années de magistère d’Ali Bongo Ondimba
Beaucoup lui en veulent, l’accusant d’avoir été associé à l’exercice du pouvoir pendant cette période. Ils le rendent même responsable de tous les maux dont souffre le Gabon depuis l’époque coloniale, y compris ceux enregistrés avant qu’il ne naisse – il est né en 1967-. Il s’en est excusé et a même demandé pardon pour certaines fautes que l’on lui impute, à tort ou à raison. Ce qui veut dire qu’il a fait son débat de conscience, son « chemin de Damas », comme il le dit lui-même, pour en arriver là. Certains lui demandent même de ne mener qu’une campagne électorale de repentance, sans mettre en avant l’offre politique, économique, sociale et culturelle qu’il propose aux Gabonais. Il passerait ainsi les 13 jours de campagne électorale à se repentir, à demander pardon à genoux, confirmant de la sorte qu’il est effectivement la source de tous les maux vécus au Gabon.
Par contre, d’autres acteurs politiques du pays, ceux-là qui ont été des piliers des 42 années du régime de Bongo père et qui intronisé et collaboré avec le fils sont devenus, eux, subitement et volontairement, amnésiques de leur passé. Ils ne se souviennent plus de rien. Ils ignorent tout des temps euphoriques de la « rénovation »- parfois rénovée- , lorsque le « Petit Livre vert » fut leur bréviaire ; du « Nouvel élan », qu’ils prétendaient avoir pris avec un Parti Démocratique Gabonais qui était vomi par le peuple gabonais déjà en 1990 ; du « Pacte national de solidarité et de développement » qu’ils claironnaient à longueur de journées après que la partition a été écrite, sur inspiration, par Omar Bongo Ondimba ; de « Mon Projet, des Actes pour le Gabon », lequel n’a jamais connu un début d’exécution. Il s’en est allé, l’emportant dans l’au-delà. Et bien avant de s’en aller, il s’était exclamé : « Dieu ne nous pas donné le Gabon pour en faire ce que nous sommes en train de faire. De là-haut, il nous observe et dit amusez-vous, un jour viendra, vous serez sanctionnés ! ».
L’on a aujourd’hui l’impression que ce « nous », celui dont avait usé Omar Bongo Ondimba, n’incluait que la seule personne d’Alain Claude Bilie By Nze. N’y sont pour rien : les Jean François Ntoutoume Emane- celui qui n ‘exprimait et n’agissait que sous la très haute inspiration d’Omar Bongo Ondimba -devenu le patriarche des Ekang qui encadrent et protègent leur fils Oligui Nguema- Jean Ping- qui est parvenu au bout de sa résistance ; la famille Myboto –qui a retrouvé ses marques au sein de la cour de noblesse- Didjob Divungi Di Ding – qui n’a pas pu tenir longtemps dans sa position de funambule, Guy Nzouba Ndama- qui a retrouvé son trésor perdu, Paulette Missambo- redevenue l’égérie du système- pour ne citer que ces figures de proue de l’ordre ancien-
Eux n’y sont pour rien dans la gabegie, la faillite et la fermeture d’entreprises publiques et parapubliques, la corruption généralisée, l’enrichissement illicite, le népotisme, le clientélisme, le tribalisme ; toutes ces tares dénoncées par Omar Bongo Ondimba peu de temps avant sa mort
Un devoir de mémoire et de vérité s’impose donc au Gabon. Beaucoup veulent l’éviter et prennent des raccourcis, en ramenant l’histoire politique, économique et sociale du pays aux quatorze (14) années d’exercice du pouvoir suprême par Ali Bongo Ondimba. Et ils ont trouvé un bouc ’émissaire : Alain Claude Bilié Bilie Nze.
On ne peut bâtir un « Gabon nouveau », comme le souhaitent beaucoup de citoyens, sur une fondation dont les éléments constitutifs sont le mensonge, l’amnésie, les faux procès, la démagogie, de fausses certitudes, la haine de l’autre, le tribalisme, l’ethnisme, le régionalisme, l’esbroufe facile, l’obscurantisme , le parasitisme et le mercenariat politique, les faux- fuyants.
Historiquement et objectivement, il est assez difficile de faire admettre, que l’on l’aime ou pas, que c’est de la responsabilité d’Alain Claude Bilié By Nze si le Gabon vit d’une économie de rente et extravertie depuis son accession à la souveraineté internationale, le rendant ainsi responsable d’une infrastructure économique où prédomine l’extraction de matières premières destinées aux puissances industrielles, occidentales, la conséquence étant l’existence d’un désert industriel. Ce d’autant plus qu’il Il n’a jamais été ministre en charge de l’industrie. Il est également difficile d’accepter que si le pays importe une grande partie de sa consommation alimentaire, les populations produisant ce qu’ils ne consomment pas et consommant ce qu’ils ne produisent pas, cela est également de la responsabilité d’Alain Claude Bilié By Nze. Il n’a jamais été, non plus, ministre de l’agriculture.
Au plan politique, lorsqu’Albert Bernard Bongo crée le Parti Démocratique Gabonais le 12 mars 1968, Alain Claude Bilie By Nze n’avait encore qu’un an. Y ont adhéré au fil des années, toute l’élite gabonaise au sein de laquelle il y avait ceux-là qui lui écrivaient les discours- lorsqu’ils n’étaient pas improvisés- théorisaient et inventaient des idéologies et autres formules creuses, constituaient des groupes d’animation – pour ne pas dire d’aliénation- ethniques, flagornaient, chantaient des louanges au « Grand Camarade », au « Président-fondateur », au « guide éclairé », au « Grand Timonier », à « Akoma Mba ».
Pendant toute cette période, il y a eu des assassinats politiques, ceux de Germain Mba, de Ndouna Dépenaud, des colonels Ndoutoume et Djoué Dabany, du capitaine Mandza, de Joseph Redjembé Issiani, qui en étaient l’auteur ? De 1993 à 2016 des coups d’Etat électoraux ont été perpétrés, s’accompagnant de mort d’homme, là aussi qui en est l’auteur ? Plus précisément en août 2016, des dizaines de Gabonais ont été assassinés au Boulevard Triomphal de Libreville, d’autres au Quartier général du candidat Jean Ping, qui a ordonné et qui avait le doigt sur la gâchette ? Et parlant de ces coups d’Etat électoraux, qui les a validés ?
Se sachant, en partie, responsable de tous ces faits et actes, Alain Claude Bilié By Nze plaide pour que soit convoquée une Commission « Vérité- Justice –Réparation et Réconciliation » pour que l’opinion nationale et internationale obtienne des réponses à toutes ces questions, afin que celui qui n’a jamais pêché lui jette la pierre.