Selon les canaux de communication dans les mains du CTRI, il n’y a que les soutiens du candidat Brice Clotaire Oligui sont « sur la route des élections ». Du moins c’est ce que montre la chaine de télévision publique « Gabon 1ère «, chaque soir après son édition d’informations de 20 heures. Bravo Elmut Moutsinga Boulingui ! Vous êtes vraiment le garant de la pluralité et de la diversité d’opinions en cette période électorale. Un des acteurs principaux de la « libération des médias ». Le Gabon vous en sera très reconnaissant, même si vous avez joué le même rôle à l’époque du pouvoir déchu. Vous semblez avoir été à la bonne école et vous faites preuve d’une impartialité exemplaire en matière de traitement de l’information.
Est ainsi atypique et marche sur sa tête, le Gabonais qui ne sait pas retourner sa veste.
« Le pouvoir c’est un gâteau, vous m’accompagnez, on gagne et après on voit, on se divise le gâteau, on ne le mange pas seul, quand tu le manges seul, vous voyez comment l’autre est tombé », dixit Brice Clotaire Oligui Nguema à certains Gabonais qui l’écoutaient.
En d’autres termes, Ali Bongo Ondimba est tombé, pas parce que les résultats qui devaient le proclamer vainqueur à l’issue du scrutin présidentiel d’août 2023 avaient été « tronqués », avaient pourtant soutenu les militaires auteurs du coup d’Etat de la nuit du 30 août de la même année ; mais tout simplement parce qu’il partageait mal le gâteau, il est même accusé de l’avoir mangé tout seul, en le privant de celui.
Drôle de conception du pouvoir ! Chacun a dû suivre cet extrait de l’une de ses prises de parole, à travers les réseaux sociaux. On croyait qu’élu Président de la république au suffrage universel, le chef de l’Etat gère un territoire pour lequel il a devoir et même l’obligation de satisfaire les aspirations profondes et légitimes des populations en matières d’infrastructures et équipements sociaux, de santé, d’éducation, de logements et d’habitat, d’alimentation, de sécurité, de loisirs et de divertissement. Réduire tout ceci à un partage de gâteau, cela n’est trop simpliste et réducteur ?u
Du coup répondent aujourd’hui à cet appel au gain, des associations claniques, tribales, ethniques, régionalistes et même familiales. Toutes accourent vers le palais de marbre de Libreville et autres lieux indiqués, dans l’espoir d’avoir droit à une part de gâteau. Le rassemblement des Bâtisseurs, par exemple, prétend avoir déjà enregistré 1200 associations, certainement les mêmes qui frappaient aux portes du PDG il y a moins d’un an. Comme quoi certains Gabonais excellent en matière de mercenariat politique. Et voilà qui justifie la prolifération de groupuscules abusivement dénommés partis au sein du paysage politique gabonais. Sans âme, sans architecture organisationnelle réelle, tous ne sont que des mange-mil, pour ne pas dire des pics-bœufs prêts à s’installer sur le dos de n’importe lequel des mammifères pour lui sucer le sang.
Avant –hier ce fut Omar Bongo Ondimba, hier Ali Bongo Ondimba et aujourd’hui Brice Clotaire Oligui Nguema.