Il avait qualifié tous ceux qui l’avaient quitté en 2016 de « traitres », pour avoir accepté de négocier des réformes institutionnelles et électorales avec Ali Bongo Ondimba, à la suite du coup de force électoral du 31 août de cette année. D’autres qualificatifs, parfois orduriers, étaient sur ses lèvres : « mercenaire », « affamé », « vendu ». René Ndemezo’Obiang fut principalement sa cible. Il l’avait presque livré à la vindicte populaire. Ce dernier avait même frôlé un lynchage public. Ce fut le Juda de la Nation, indexé du doigt par Jean Ping.
Tout en faisant ce procès à ceux qui avaient refusé de le suivre sur la voie hasardeuse et périlleuse de la « résistance », sans une analyse rigoureuse et objective du rapport de forces avec ceux qui avaient pris d’assaut son quartier général de campagne électorale cette nuit du 31 août 2016, il fonça tête baissée, avec l’objectif de se réapproprier la victoire électorale que venait de lui arracher Ali Bongo Ondimba, en usant de sa garde prétorienne, la « Garde républicaine », à laquelle il est aujourd’hui allié.
Pendant 7 ans, il a prétendu mener une « résistance » pour laquelle il jurait, la main sur le cœur, aller « jusqu’au bout ». Chaque fin d’année, il s’adressait à la nation gabonaise, la rassurant qu’il était au bout de ses peines, et qu’il ne restait plus que très peu de temps. Ceux qui n’y crurent pas ont commencé à déserté le bord de sa piscine des Charbonnages, avec armes et bagages. Barro Chambrier, par exemple, fut le premier à estimer que ce n’était qu’une « utopie » ; Et il s’en alla, sans crier garde. Le suivirent les Zacharie et Chantal Myboto-sa fille- Paul Marie Gondjout –son gendre- Paulette Missambo, Didjob Divungi Di Ding, Guy Nzouba Ndama, Jean Eyeghe Ndong, bref, tous ceux qui l’avaient à emprunter cette voie à emprunter cette voie sans issue. Au bord de la piscine, il ne resta que quelques irréductibles, du moins pensait-on qu’ils l’étaient. Eux aussi ont fini par s’en aller.
Nageant seul dans sa piscine, il alors commencé à scruter le ciel, implorant le bon Dieu pour qu’il lui envoie une bouée de sauvetage. Le 30 août 2023, ses incantations eurent un écho. Il fut libéré du naufrage par la Garde républicaine, avec à sa tête le Général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema. Et le voilà sauvé, tout en renonçant à ses ambitions de 2016, celles de présider aux destinées du Gabon. Il n’est donc pas allé au bout de sa « résistance », préférant être à la remorque de ceux qui lui en avaient barré la route en 2016. Il ne voulait négocier quoi que ce soit avec Ali Bongo Ondimba, considérant qu’il s’agirait-là d’une haute trahison de la République, il préfère aujourd’hui être le disciple docile et inconditionnel de celui qui était son aide de camp. Il vient même de lui offrir quelques compagnons de route en transformant sa Coalition Pour la Nouvelle République (CNR) en Rassemblement pour la Nouvelle République RNR).
Reste maintenant à savoir de quelle nouvelle république s’agit-il ? Celle des Jean François Ntoutoume Emane, Zacharie Myboto, Barro Chambrier, Dieudonné Berre Aboukou Guy Nzouba Ndama, Paulette Missambo, Angélique Ngoma, Blaise Louembé, Paul Biyoghe Mba, Raymond Ndong Sima, Daniel Ona Ondo, Patrick Obiang Ndong, Paul Marie Gondjout, Carmélia Ntoutoume Leclercq, Hermann Immongault, Marcel Abeke et de tous ces vieux visages de l’ordre ancien.
Vous avez dit « libération » et « changement » ! L’histoire jugera..