Et revint l’Ajev : à pas feutrés

L’ « Association des Jeunes Volontaires Emergents (AJEV) » a fait parler d’elle pendant qu’Ali Bongo Ondimba était malade, suite à son accident vasculaire cérébral survenu à Ryad en Arabie Saoudite ; puis convalescent à Casablanca au Maroc. Elle fut la seule force qui animait la scène politique gabonaise pendant cette période. Tout le monde lui faisait allégeance et ne jurait plus que par elle. Elle drainait les foules, les arrosait d’espèces sonnantes et trébuchantes et assurait les promotions, tant au gouvernement que dans la haute administration publique. Lorsque son chef, Brice Laccruche Alliangha, entreprit d’effectuer une tournée républicaine, toute l’élite politico-administrative du pays se mobilisa pour l’accueillir dans les provinces visitées. Certains maires lui  confièrent même les clefs de leurs villes. Des notables le reçurent avec beaucoup de civilités et d’allégeance. Normal, il se voulait à l’époque le « message intime », celui d’Ali Bongo Ondimba, que tout le monde adulait

 Elle était née cette association, du fait de la présence d’un certain Brice Laccruche Alliangha aux côtés d’Ali Bongo Ondimba, au titre de Directeur de cabinet, à la suite du chef de la fameuse « Légion étrangère », Maixent Accrombessi. Il avait été introduit, Brice Laccruche Alliangha, dans la cour du « Roi » par la « Reine » Sylvie Aimée Valentin Bongo Ondimba, plus connue sous le nom de Sylvia Bongo Ondimba. Comme à l’époque de Raspoutine en Russie tsariste, il eut pour mission de guider les premiers pas du jeune Price héritier, Noureddin Valentin Bongo Ondimba, avant qu’il ne succède à son père sur le trône du Palais de marbre du bord de mer de Libreville. Il faut ici souligner que l’émergence économique et sociale su Gabon en 2025, était le leitmotiv, la raison d’être, d’Ali Bongo Ondimba à la tête de l’Etat Gabonais dès les tout premiers jours de la dévolution monarchique de 2009.

Lorsque Brice Laccruche Alliangha s’installa  donc à ses côtés en 2018, il s’appropria ce projet surréaliste, sans y croire, en créant cette « Association des Jeunes volontaires Emergents ». La paralysie de l’occupant du trône, en raison de sa maladie et l’obligation de vivre hors du pays, donna alors des ailes au patron de l’Ajev, lequel s’installa même dans le fauteuil présidentiel, nourrissant d’autres ambitions, dont celle d’accéder, lui-même, à la tête de l’Etat. Pour que se concrétise  cette grande ambition, il s’entoura d’une bande de prédateurs de deniers publics qui fit main basse sur les caisses de l’Etat. La suite est bien connue. Le Prince héritier se rendit compte qu’il risquait de se faire doubler par celui qui devait guider ses premiers d’accession au trône et le neutralisa, lui et toute sa bande.

Le 30 août, un autre prince héritier surgit des casernes de la Garde républicaine et s’empara du trône en mettant hors d’état de nuire celui qui était connu jusqu’à ce jour et sa « Young Team ». L’ennemi de mon ennemi étant mon ami, les prédateurs de l’Ajev bénéficièrent alors des largesses de cet autre prince héritier désormais au pouvoir et les revoilà libres. Ce qui leur permet de revenir à pas feutrés dans l’arène politique. Pour sa pérennité au sommet de l’Etat, le Prince devenu roi a besoin d’eux.

Aujourd’hui, derrière Brice Clotaire Oligui Nguema, se profile l’ombre de Brice Laccruche Alliangha. A la tête du « Rassemblement des Bâtisseurs », le mouvement que vient de créer le premier Brice nommé, on retrouve l’avocat du deuxième, Ange Kevin Nzigou. Ce n’est certainement pas, par pur hasard.

Ce qui veut dire que tout autour du pouvoir actuel,  et progressivement, l’Ajev est entrain de retisser sa toile et les causes risquent de reproduire les mêmes effets. Vous avez dit « changement » !

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