Le coup de grâce du PDG
Les militaires leur avaient donné un coup de massue, ils viennent eux-mêmes de se faire éteindre par un coup de grâce, les Pdgistes. S’ils avaient écouté certaines voix qui leur recommandaient d’adopter la stratégie de la défensive après plusieurs années d’offensive, ils n’en seraient pas là aujourd’hui.
En cinquante- sept (57) ans de monopole du pouvoir suprême au Gabon, c’est la première fois que l’ex-parti unique n’investit guère un candidat à une élection présidentielle. Il aurait pu décider de prendre du recul, en se gardant de soutenir un tout autre candidat, il a cependant préféré jeter son dévolu sur celui du CTRI.
Les « Camarades » de Louis ne pouvaient s’en empêcher, eux qui étaient habitués aux grandes messes électorales, avec l’ambiance que cela suppose, surtout lorsque l’on est positionné du côté du tenant du pouvoir. Cela a toujours été pour eux l’occasion de s’engraisser. Ce fut le cas autour et avec Omar Bongo Ondimba, puis d’Ali Bongo Ondimba. Cela va encore l’être autour et avec Brice Clotaire Oligui Nguema.
Les scénarii ont toujours été les mêmes : appels à candidature, motions de soutien, tenue d’un congrès expéditif, marches etc. Pas plus tard qu’en 2023, l’on a vécu la même ambiance, avec les mêmes acteurs, des discours similaires et les décors qui ne changent presque pas. Il n’y a qu’à prendre une photo de la gare d’Owendo, lorsque celui qui était encore le « Distingué Camarade Président » avait déclaré sa candidature et la juxtaposer avec une autre prise lorsque Brice Clotaire Oligui Nguema s’est soumis au même rituel, on retrouvera les mêmes visages, les mêmes slogans, le même folklore, la même clownerie, les mêmes piètres acteurs.
Après s’être engraissés avec les fonds de campagne dont ils sont tellement friands, les « Pdgistes » s’attendent toujours à une autre grande moisson, celle des postes de promotion. Ils en récoltaient chaque fin de campagne électorale et c’est ce qui les a toujours motivés, encore plus. Chacun espère faire partie du futur gouvernement ou caresse le rêve d’occuper un poste juteux au sein de l’administration publique ou parapublique .Et peu importe les conditions dans lesquelles est élu le candidat soutenu et personne n’accordant également de l’importance à son projet de société ou à son programme de gouvernement.
C’est encore plus grave cette fois-ci. Les mêmes qui, en 2009 et 2016, ne juraient que par Ali Bongo Ondimba, s’agglutinaient dans les couloirs du siège du Parti à Louis et y passaient des journées entières, en attendant d’être casés dans une équipe de campagne, sont aussi, aujourd’hui ceux-là chantent les louages de Brice Clotaire Oligui Nguema et lui trouvent toutes les vertus.
Atteints d’amnésie et du syndrome de Stockholm, ils oublient tout de leur passé, y compris ce qu’ils ont été et ce qu’ils ont fait il y a moins de deux (2) ans et applaudissent à se rompre les phalanges leur bourreau, celui qui les rendait responsables, il y a à peine quelques mois, de tous les maux dont souffre le Gabon. Il y en avait même qui étaient destinés à être brûlés au bûcher.
Habiles pour une fois, les militaires au pouvoir, et qui entendent y restés, semblent s’accommoder de cet allié on ne peut plus encombrant, tout en se dotant de leurs propres ressources humaines. Ils étaient tellement gênés de porter l’étiquette CTRI- PDG, qu’ils ont créé des objets politiques non identifiés, les cas de « Pensée Patriotique » et du « Rassemblement des Bâtisseurs ».
Autant nul n’entend plus parler aujourd’hui des « Amis d’Ali Bongo Ondimba », de même dans quelques années, pourquoi pas quelques semaines, disparaitront ces faux patriotes et autres bâtisseurs mal inspirés.
Il suffirait que quelqu’un d’autre s’empare des rênes de l’Etat.