Il est clair qu’il est le seul candidat à l’élection présidentielle du 12 avril prochain qui prône la rupture avec l’ordre ancien, après avoir fait son « chemin de Damas » et son mea-culpa par rapport à ce qu’il a été. Beaucoup hésitent de le faire et se positionnent plutôt dans la continuité du système politique des Bongo, père et fils, tout en soutenant que le Gabon aurait été « libéré » dans la nuit du 30 août 2023
Il ne peut en être autrement, sachant que leurs responsabilités sont lourdes dans l’état actuel des systèmes éducatif et sanitaire du pays, dans l’inexistence d’un réseau routier fiable à même d’ être un vecteur du développement économique et social, dans la paupérisation du plus grand nombre, d’aucuns parleraient de marasme social.
Aujourd’hui tapis à l’ombre du CTRI, les Jean François Ntoutoume, Zacharie Myboto, Jean Ping, Barro Chambrier, Didjob Divungi Di Ding, Guy Nzouba Ndama, Paulette Missambo, Paul Marie Gondjout, Jean François Ndoungou, Séraphin Moudounga, Charles Mba Ekome, Raymond Ndong Sima , Marie Madeleine Mborantsouo, Angélique Ngoma, Paul Biyoghe Mba, Blaise Louembé, Marcel Abeke, Carmélia Ntoutoume Leclercq et tous les autres barons de l’ordre ancien n’y sont pour rien dans toutes ces situations. Eux viennent de débarquer au sein du paysage politique gabonais. Presque des extra-terrestres venus des planètes Mars, Vénus ou Jupiter.
Il en est de même du système sécuritaire qui a protégé la dynastie des Bongo pendant 57 ans. Lui aussi n’y est pour rien dans la situation actuelle du Gabon. Les assassinats de 1993, lors de la toute première crise postélectorale engendrée par le coup de force perpétré par Omar Bongo Ondimba, ce ne pas les corps d’élite de la Garde présidentielle de l’époque- devenue Garde Républicaine par un changement de la lettre P par R-, de la Gendarmerie, des Forces de Police Nationale, des para-commandos – les fameux bérets rouges- qui avaient la main sur la gâchette.
Bien avant ces évènements, les odieux assassinats de Germain Mba, de Ndouna Dépénaud, du Colonel Djoué Dabany, de Joseph Rédjembé Issiani, de Martine Oulabou, l’exécution du capitaine Mandza ; tout ceci relève des instructions et des exécutions venues d’ailleurs.
Ce ne sont pas les mêmes corps d’élite qui étaient à la manœuvre en 2009 et qui ont barré la route de la Présidence de la république à André Mba Obame, tout en assassinant d’autres citoyens gabonais.
Lorsqu’en 2016, des Gabonais sont assassinés au Boulevard Triomphal de Libreville et que le quartier Général du candidat Jean Ping est pris d’assaut dans la nuit du 31 août au 1er septembre de la même année, les forces militaires et même paramilitaires qui ont orchestré ces attaques sont venues probablement d’ailleurs elles aussi, et non du Gabon .Et les ordres leur venaient d’une autre planète.
Tout ceci est du fait d’Alain Claude Bilie By Nze, semble-t-il, si on en croit à ses détracteurs plongés dans l’obscurantisme et manifestement téléguidés. Tout donne l’impression que ce dernier a été l’alpha et l’oméga du Système Bongo ; qu’il aurait été en même temps Président de la république, Premier Ministre, Ministre de la défense nationale, Ministre de l’Intérieur, Ministre de l’économie et du budget, Ministre des travaux publics et des infrastructures, Ministre de l’Education nationale, Ministre de la santé , Ministre des affaires sociales et tutti quanti. Il aurait été au four au moulin et c’est à lui seul que s’adressait Omar Bongo en 2007, peu de temps avant de s’en aller, lorsqu’il déclara « Dieu ne nous a donné le Gabon pour en faire ce que nous sommes de faire, de là- haut, il nous observe et dit amusez-vous, un jour viendra vous serez sanctionnés ».
Venons-en à la rupture prônée par Alain Claude Bilie By Nze. Depuis son accession à la souveraineté internationale, le Gabon est un pays rentier. Son élite politique, administrative et militaire vit des subsides que lui concède le système d’exploitation néocolonial. En réalité des rentes qui l’entretiennent et qui ne permettent pas au pays d’amorcer son développement économique et social .Et cela fait 65 ans qu’une telle situation perdure.
Le sous –développement demeure endémique, cependant que cette élite s’adonne, en toute impunité, et depuis toujours, à des détournements massifs des deniers publics pour sa consommation de luxe. D’une génération à une autre, ladite élite se régénère, même si certains de ses éléments peuvent aller se recycler, par aigreur, dans une opposition politique de façade. De Léon Mba Minko m’Edang à Brice Clotaire Oligui Nguema, en passant par Omar Bongo Ondimba et Ali Bongo Ondimba, le système est le même, entretenu par les mêmes.
Pour la pérennité d’un tel système, on l’a verrouillé avec des constitutions qui donnent libre cours à une hyper- personnalisation de la fonction présidentielle. Ce qui a dérivé en 2009 vers une dévolution monarchique, le fils ayant succédé au père. Les élections ne sont qu’une simple formalité qui permet à ceux qui détiennent le pouvoir de se maintenir at. vitam aeternam.
Les autres institutions de la république ne sont que des caisses de résonnance. La loi fondamentale adoptée par voie référendaire le 16 novembre 2024 a encore plus ouvert la voie vers l’autocratie et le culte de la personnalité.
Il faut donc rompre avec un tel système, soutient Alain Claude Bilie By Nze dont le message devient de plus en plus audible aux oreilles de ses concitoyens.
Il faut également rompre avec cette espèce d’aliénation de la souveraineté nationale se matérialisant par des accords inégaux de coopération économique, culturelle et militaire qui lient le Gabon à l’ancienne puissance coloniale, la France.
Puis encore, il faut rompre avec la nature extravertie de l’économie gabonaise en bâtissant un système économique qui permet à l’homme gabonais de développer son pays, transformant les richesses dont il regorge en biens matériels, ce par un effort quantitatif et qualificatif, pour le bien être global des populations, et non pour une infime minorité