Ils sont tous les deux auteurs de coups d’Etat militaires, Kelly Ondo Obiang et Brice Clotaire Oligui Nguema. Si le premier cité a échoué pour des raisons diverses, le second est aujourd’hui confortablement installé à la tête de l’Etat Gabonais. Il entend y rester, suite au processus électoral en cours.
Par principe, tout coup d’Etat est condamnable, puisqu’il s’agit d’une prise de pouvoir par des voies anticonstitutionnelles, et donc illégales. Seulement voilà, un autre principe voudrait aussi que seuls les vainqueurs écrivent l’histoire et deviennent des héros. Adolf Hitler aurait gagné la deuxième guerre mondiale, l’histoire ne serait pas celle que l’on enseigne aujourd’hui dans les écoles, universités et autres grandes écoles. Ses statues trôneraient partout dans le monde entier.
Ce qui revient à dire que, et dans le cas du Gabon, Kelly Ondo Obiang aurait réussi son coup d’Etat de janvier 2019, c’est lui qui serait pris aujourd’hui pour « Josué », pour le « Libérateur » du Gabon. Tout le monde s’aplatirait devant lui, lui aurait fait allégeance et ne jurerait plus qu’en son nom, tel que les uns et les autres le font aujourd’hui pour le Général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema. La date de son coup d’Etat avorté serait inscrite dans le marbre de l’histoire du Gabon et on l’aurait également inscrite dans la loi fondamentale de la République gabonaise. Des associations à caractère clanique se seraient constituées et des appels à sa candidature à la présidence de la République fuseraient de partout. Mitzic, sa ville natale serait devenu un lieu de pèlerinage et d’aucuns s’y rendraient par fournées pour aller offrir des présents et dons divers à ses géniteurs, tel que certains le font par les temps qui courent à Nkoum Yeguing, chez le géniteur de Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu en moins de eux (2) ans l’homme le plus célèbre de la province du Woleu Ntem.
Les motivations de ces deux jeunes officiers de la Garde républicaine sont pourtant les mêmes, à quelque chose près. Pour Kelly Ondo Obiang, le pays était paralysé suite à l’accident vasculaire cérébral dont a été victime le chef de l’Etat déchu, Ali Bongo Ondimba, à Ryad en Arabie Saoudite. Et des clans prédateurs, dont celui de Brice Clotaire Alliangha, en ont alors profité pour le mettre en coupes réglées, tout en caressant le rêve de devenir roi à la place du roi malade.
Le jeune officier qu’était Kelly entendait donc mettre un terme à une telle situation, sans autres prétentions. Il a échoué.
Brice Clotaire Oligui Nguema a, quant à lui, publiquement justifié son coup d’Etat, arguant que les résultats de l’élection présidentielle du 26 août 2023 avaient été « tronqués ». Curieusement, il a nommé aux hautes fonctions de l’Etat ceux –là qui avaient commis un tel délit. Allez-y comprendre quelque chose !
Il s’en est particulièrement pris à un groupe de personnes, la fameuse « Young Team » constituée autour de Sylvia Valentin et Noureddin Valentin Bongo Ondimba, qu’il accuse d’avoir pris le pays en otage et de bien d’autres péchés d’Israël.
Son coup d’Etat réussi, n’aurait –il pas été logique qu’il sortit son jeune frère d’arme, Kelly, des geôles de la Prison centrale de Gros –Bouquet de Libreville, comme il l’a fait pour les Brice Clotaire Alliangha, Tony Ondo Mba, Renaud Allogho, Léandre Zue et consorts qui, eux, ont commis des crimes plus graves ? Il dit attendre l’occasion d’une grâce présidentielle, le mois de décembre prochain. Ce qui laisse supposer que l’élection présidentielle en cours n’est pour lui qu’une simple formalité et que les jeux sont pipés d’avance. Et parlant de grâce présidentielle, combien de mois de décembre y a –t-il eus depuis qu’il est aux commandes de l’Etat ? Il y a eu décembre 2023 et décembre 2024. Pourquoi ne lui a-t-il pas accordé sa grâce en ces circonstances ?
Une chose parait alors sûre, Kelly Ondo Obiang est victime de la lutte des clans qui sévissait au sein de la Garde républicaine et autres services spéciaux pendant qu’Ali Bongo Ondimba ne contrôlait rien au sommet de l’Etat et s’est retrouvé du côté des vaincus.
L’indécent est d’en faire aujourd’hui une monnaie d’échange électorale, un troc qui consiste à dire aux populations de Mitzic : vous me votez, je le libère. Le cas échéant, il reste en prison.