A la place d’ « Ossimane » : Un objet politique non identifié ( OPNI) est né

Le PDG est loin d’avoir perdu le pouvoir, du moins la version Angélique Ngoma et consorts. Il rôde tout autour. Il avait déjà été mis à l’avant-garde du combat pour l’adoption, par voie référendaire, de la nouvelle constitution de la république gabonaise. Il était au four et au moulin pour que triomphe le « OUI ». Et les Gabonais ont commencé à se poser des questions, eux qui croyaient l’ancien parti unique mort et à jamais enterré.

 Ils soupçonnaient déjà, ces Gabonais, une connivence et une intelligence entre le CTRI et le PDG, lorsque depuis la Palais de marbre du bord de mer de Libreville, avait été mis en place un directoire provisoire qui fit de Paul Biyoghe le 1er Vice- Président du Parti, sans savoir qui en était le Président.

 L’énigme a duré jusqu’à ce que se tienne le dernier congrès de l’ex-parti unique, lequel a jeté le dévolu sur la personne de Blaise Louembé. Inutile de revenir sur la question de savoir qui a financé ces assises ? Les Gabonais ont leur idée.

 D’aucuns en sont alors venus à la conclusion  selon laquelle, il était né au sein du paysage politique du pays un PDG- CTRI. Ils en avaient encore pour preuves, la présence d’anciens barons du PDG aux avants -poste des différents organes de la Transition, gouvernement et institutions. Les visages de Jean François Ndoungou, Herman Immongault, Séraphin Moudounga, Carmélia Ntoutoume Leclercq, Luc Oyoubi, Eloi Nzondo et de bien d’autres encore de l’ancien système, leur rappelant le bon vieux temps, celui du « PDG OSSU », « PDG bê mbê », « PDG Milôlô ».

 Il faut dire qu’au Gabon, la métamorphose politique et les retournements de veste sont les exercices les plus prisés. Et l’amnésie une maladie qui frappe une bonne partie du corps social.

Au sein du CTRI, cette proximité avec le PDG devenait plus qu’encombrante. Des Généraux ont exprimé cette gêne, tout en conseillant de maintenir une distance avec l’ancien parti unique, en le traitant toujours tel un allié sûr, sans plus. Pas si sûr que cela, puisqu’une aile s’en est détachée, celle désormais incarnée par les anciens ministres Ali Akbar Onanga Y’Obeghe et Francis Nkéa Ndzigui.

Dans un premier temps, Ossimane a donc paru être un recours pour freiner l’hégémonie du PDG autour du CTRI. Cependant, son côté clanique, voire familial, a été perçu comme un handicap. Ce qui a obligé ses responsables à tenter de la sortir des ornières du Woleu Ntem, plus précisément du canton Bissok du département du Woleu (Oyem), pour en faire une association d’envergure nationale. D’où les démarches entreprises de l’implanter en milieu Fang de l’Estuaire où ils ont recruté de sulfureux Pdgistes.

 Cela ne suffisant pas pour la débarrasser de sa carapace clanique, ils ont alors opté de la faire connaitre et susciter des adhésions dans d’autres provinces du pays, notamment dans le Haut Ogooué et l’Ogooué- Lolo où ils ont procédé à la reconversion d’une certaine Paulette Missambo, pourtant Présidente d’un parti politique historiquement bien connu, l’Union nationale. Un parti politique devenu désormais un appendice d’ « Ossimane », à l’instar de son autre avatar dans les mains de la famille Myboto.

Beaucoup l’ont probablement dû observer, lors de la cérémonie de déclaration de candidature de celui qui était jusqu’alors le Président d’honneur d’ « Ossimane », les Pdgistes se sont fait tout petits, dans leurs petits souliers, comme s’ils y avaient été des mal venus. En tout cas, ils n’étaient pas dans leur grand jour. L’euphorie et l’enthousiasme n’y étaient pas. Ils sont même passés, presqu’inaperçus sous l’œil hilare des adeptes d’ « Ossimane ».

Pour affirmer son hégémonie autour de Brice Clotaire, « Ossimane » s’est cherché, pendant un moment donné, entre le statut d’une simple association et celui d’un parti politique. La décision vient d’être prise, avec la naissance de cet objet politique non encore identifié (OPNI), la Pensée Patriotique, fabriqué dans les laboratoires de Nkoum Yeguing.

 Et c’est le PDG qui en fait les frais, lui qui croyait redevenir la principale force au pouvoir. Blaise Louembé, Angélique Ngoma et les autres n’ont que leurs yeux pour pleurer.

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