Le voile entier ne peut être levé rien que par une commission « Justice – Vérité- réconciliation ».Et tant qu’on refusera de la convoquer, on continuera à s’acharner sur des boucs ’émissaires. La meilleure manière de noyer le poisson dans l’eau !
Ces évènements concernent beaucoup plus Jean Ping, le candidat consensuel de l’opposition de l’époque. Qu’est –ce qui l’avait motivé à briguer le fauteuil présidentiel ? Quelles sont les forces qui l’ont soutenu ? Quelles sont celles qui se sont dressées sur sa route pour l’en empêcher ? Qui annoncé les résultats de cette élection ? Qui les a validés ? Quelles sont les forces qui se sont affrontées sur le champ de bataille du Boulevard Triomphal de Libreville ? Qui a intimé l’ordre aux forces de défense et de sécurité de tirer sur les manifestants ? Qui avait le doigt sur la gâchette ? Qui a ordonné l’assaut du Quartier Général du Candidat Jean Ping ? Quels sont ceux qui étaient dans l’hélicoptère cette nuit-là ? Où se trouvait Jean Ping à ce moment précis ? Combien y a-t-il eu de morts ? D’aucuns ont parlé de Charniers, où sont-ils ? Où en est l’enquête de la Cour pénale internationale ?
Toutes ces questions méritent des réponses appropriées, au lieu de continuer à entretenir un brouillard épais sur lesdits évènements, lequel empêche d’y voir clair et de dégager les responsabilités des uns et des autres. Dans cette fuite en avant, on donne l’impression de vouloir livrer à la vindicte populaire, certains acteurs politiques les plus en vue à l’époque, tout en protégeant d’autres
Jean Ping s’est positionné dans l’opposition au régime d’Ali Bongo Ondimba, après avoir reconnu que la victoire de ce dernier à l’élection présidentielle anticipée de 2009 ne « souffrait d’aucune contestation ». Il avait fait cette déclaration en revenant d’Addis Abéba où il officiait en tant que Président de la Commission de l’Union Africaine. Après avoir perdu une élection qui lui aurait permis de briguer un deuxième mandat à la tête de l’organisation panafricaine, il revint à Libreville où il fut sollicité par un groupe de dissidents de l’Union Nationale, les « Souverainistes », pour faire ses premiers pas dans l’opposition.
En termes de motivation, il expliqua alors qu’il en est venu là parce qu’Ali Bongo Ondimba aurait fermé toutes les portes d’accès au marché à son cabinet de « Consulting international » qu’il venait de créer avec son fils. Ce fut le début d’une aventure politique qui a failli l’amener au sommet de l’Etat si Ali Bongo et la Garde républicaine ne s’y étaient pas opposés.
Une fois positionné effectivement dans l’opposition, il a tenu à animer un des premiers grands meetings sur la mythique place de Rio. La foule s’y était entassée. Puis il eut un coup de feu, un jeune Gabonais fut tué sur le champ, Mboulou Beka. Qui a tiré et qui a ordonné ? Jusqu’à ce jour nul ne le sait. Des sources bien informées et crédibles révèlent que le coup de feu venait d’un hélicoptère qui planait au- dessus de la foule. Quels en étaient les occupants ? Les mêmes sources révèlent qu’un ancien « capiste », aujourd’hui converti au « Ctrisme », et très en verve ces derniers, se trouvait à bord entre autres.
A alors commencé la longue marche qui devait amener Jean Ping jusqu’au sommet de l’Etat. Ses amis actuels, eux aussi convertis au « Ctrisme », ne l’entendirent pas de cette oreille. Ils lui dressèrent des barricades sur la route, lorsqu’il entreprit de faire le tour du Gabon ? Ils s’illustrèrent beaucoup plus sur la route de Medouneu où l’Union Nationale, plus particulièrement, s’était dressée sur son chemin, tout en l’affublant de tous les noms d’oiseaux.
Le combat livré contre sa candidature fut encore plus acharné et rude au sein de l’éphémère Front de l’Opposition pour l’Alternance politique au Gabon (FOPA). Les Myboto, Divungi, Kombila Missambo, Chambrier et consorts ne voulurent pas entendre, mais alors pas du tout, de sa candidature, estimant qu’il n’était qu’un « Cheval de Troie » des Fang. Cette candidature avait fini par s’imposer le 15 août 2016, lors d’un conclave tenu à la Sablière de Libreville auquel des leaders d’opinion Fang, Soutiens dès la première heure, tels Jean Eyeghe Ndong et René Ndemezo’Obiang furent exclus.
Le 31 août 2016, les carottes furent cuites pour le Candidat Ali Bongo Ondimba. Jean Ping l’emporta largement dans les urnes. René Aboghe Ella, alors Président de la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente (CENAP) et Pacôme Moubelet, à l’époque ministre de l’Intérieur, en décidèrent au autrement. Ils annoncèrent Ali Bongo Ondimba. Décision validée quelques jours après par la Cour Constitutionnelle présidée par une certaine Marie Madeleine Mborantsouo, après avoir entériné les 99,98 pour cent de taux de participation du Haut Ogooué et annulé les résultats de 21 bureaux de vote du 2ème arrondissement de Libreville.
Tout ceci a engendré des émeutes et autres violences multiformes à Libreville notamment. Il eut des morts, de nombreux blessés et plusieurs arrestations. Les unités d’élite des différents corps de l’armée gabonaise furent aux prises avec les populations aux mains nues ; dans la nuit du 31 août 2016n un hélicoptère bombarda le Quartier Général de Jean Ping. Qui en était à bord ? Qui a organisé et qui a exécuté ? Dans une interview accordée à « Jeune Afrique », aux tout premiers jours du coup d’Etat militaire, l’actuel Président de la Transition a déclaré, parlant d’Ali Bongo Ondimba : » il nous a dit bombardez, je vais vous protéger, on a bombardé et il nous a protégés ». Où se trouvait Jean Ping à ce moment précis ? N’avait-il pas été averti pour qu’il puisse se retirer avant l’assaut ? Là aussi, certaines sources révèlent que la puce lui avait été mis o l’oreille par un haut gradé de la marine nationale.
A la suite de ces dramatiques évènements, d’aucuns ont parlé de charniers à la Cité de la Démocratie et au Cap Estérias. Maintenant que ces derniers sont aux responsabilités, pourquoi ne pas donner l’occasion aux Gabonais d’aller découvrir ces charniers ?
Un grand-voile doit être levé sur tous ces évènements. Curieusement, lorsqu’on les remet au goût du jour, personne ne parle plus de ceux qui y ont joué un rôle majeur : Jean Ping lui-même, Ali Bongo Ondimba sa garde prétorienne et autres corps d’élite, les ministres de l’intérieur et de la défense de l’époque, Marie Madeleine Mborantsouo.
On ne focalise le débat rien que sur Ali Claude Bilie By Nze qui aurait déclaré un nombre de morts non conforme à la réalité, sur la base des informations que lui ont fait parvenir depuis Paris les services autorisés .
Qui a annoncé de faux résultats ? Qui les a validés ? Qui a ordonné la répression ? Qui a exécuté ? Tout ceci ne préoccupe plus personne, le parfait bouc ’émissaire ayant été trouvé.