Candidature de Brice Clotaire Oligui Nguema : le faux suspense

Plusieurs signes annonciateurs montrent que Brice Clotaire Oligui Nguema sera bel et bien sur les starting-blocks le 29 mars prochain, jour de l’ouverture de la campagne de l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Entretenir un suspense là-dessus, c’est prendre les Gabonais pour des personnes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez

D’abord il a renoncé à sa promesse faite solennellement le 04 septembre 2023  au nom du CTRI, celle d’organiser des élections libres, transparentes, inclusives et crédibles, avant de remettre le pouvoir à un civil élu démocratiquement.

Puis il a fait adopter un code électoral qui autorise désormais les hommes en treillis à se porter candidats à toutes les élections politiques, en dépit des dispositions constitutionnelles qui leur confèrent un statut particulier leur en empêchant.

 Avant d’en arriver là, il avait d’abord fait élaboré et imposer une charte de la Transition qui exclut aux compétitions électorales, tous ceux qui auraient été aux responsabilités pendant cette période de transitoire, sauf sa propre personne.

 On ne peut mieux faire pour s’ouvrir un boulevard sous les pieds, afin de parvenir à la plus haute marche de l’Etat.

Ce n’est pas tout. La loi fondamentale est elle-même est discriminatoire et élimine de l’élection présidentielle bien de citoyens Gabonais né(es) d’au moins un parent étranger ; ceux ayant moins de 35 ans ou plus de 70 ans ; d’autres porteurs d’un  handicap ; ceux n’ayant pas résidé au Gabon pendant 3ans d’affilé avant le scrutin présidentiel ; d’autres encore qui seraient marié(es) à un ou une étranger (ère). Rentrent également dans cette liste exclusive, des citoyens Gabonais ayant pour géniteur, génitrice ou époux et épouse, un chef de l’Etat sortant.

N’a-t-on pas là des dispositions constitutionnelles qui balisent le chemin d’accès au sommet de l’Etat à un seul homme et qui en font presqu’un candidat unique ?

Et pour l’y accompagner, des associations germent du sol gabonais tels des champignons. On en compte aujourd’hui des dizaines, toutes chantant des cantiques à la gloire du Président de la Transition, vantant ses prouesses économiques et sociales. La porte de l’arène politique leur a été ouverte par une nouvelle disposition Constutionnelle permettant à la société civile de s’investir dans le champ politique.

 Il s’agit généralement d’associations à caractère clanique, créées par des consanguins. Lesquelles associations se déploient depuis un certain moment sur le terrain, à coût de plusieurs millions de francs CFA, pour mobiliser des centaines de Gabonais. Une telle mobilisation ne peut être fortuite. Elle trahit les intentions, encore inavouées, de celui qui en est le mentor, de se maintenir à la tête de L’Etat. La preuve, il ne se passe plus un seul jour sans que ces associations ne se manifestent par des appels à la candidature dudit mentor.

Comme si cela ne suffisait pas, voilà ces associations recruter des « Tontons macoutes », coupeurs de routes, qui s’illustrent aujourd’hui par la violence, en empêchant d’autres citoyens gabonais de se mouvoir sur toute l’étendue du territoire national,  aller à la rencontre de leurs compatriotes, échanger avec eux, s’enrichir de leur vécu quotidien, leur dire ce qu’ils pensent du cours actuel de l’histoire du pays.

En faisant obstruction à ces échanges démocratiques, ne veut donc pas là étouffer toute velléité de vouloir offrir une autre alternative au pays en dehors de celle du CTRI et son chef ?

Pendant que nous y sommes, autant revenir à l’époque de la candidature unique !

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