Entre « Tontons macoutes » et « coupeurs de route », les sbires d’Ossimane qui s’en sont pris à la délégation conduite par Alain Claude Bilie By Nze à Mitzic se reconnaitront
Lorsqu’on manie habilement la fibre ethnique ou régionaliste pour se maintenir au pouvoir, le résultat ne peut qu’être ces scènes vécues à Mitzic dans la nuit du 12 au 13 février 2025, et qui se sont prolongées dans la matinée du 14 février. Des scènes d’une autre époque où la barbarie et l’obscurantisme l’emportent sur la raison et le droit.
Convaincus à tort qu’après les Tékés du Haut Ogooué, les Fang du Woleu Ntem ont désormais un des leurs à la tête de l’Etat gabonais, aucune personne, non originaire de cette dernière province du Gabon, ne peut y entrer s’il n’est Yengui de Nkoum ou apparenté. Surtout si cette personne ne chante des cantiques à la gloire de Brice Clotaire Oligui Nguema, après lui avoir fait allégeance.
Lé Woleu Ntem est de ce fait devenu une zone interdite à quiconque n’arbore un tee-shirt à son effigie. Des nervis de l’Association Ossimane, manifestement chanvrés et en même temps constamment éméchés, y veillent au grain. Ces « Tonton –macoutes » gabonais n’ont rien à envier à ceux qui sévissaient, en semant la terreur à Haïti, à l’époque des Duvalier. Ils narguent les autorités judiciaires, lesquelles donnent l’impression de les protéger ; agissent sous l’œil bienveillant, et même également protecteur, des forces de défense et de sécurité et se moquent des lois comme de leur premier joint fumé.
Une délégation de la Plate-forme « Ensemble Pour le Gabon », conduite par son Président, Alain Claude Bilie By Nze, les a rencontrés sur sa route, à Mitzic, dans la nuit du mercredi 12 février dernier. Ayant appris que cette délégation arrivait dans le Woleu Ntem, après avoir sillonné l’Ogooué Ivindo, un commando de hors-la-loi venus d’Oyem l’attendait aux portes de cette première bourgade du septentrion.
Il n’y a que l’arrivée un peu tardive dans la localité qui a repoussé les hostilités à une heure indue de la nuit. L’assaut de l’hôtel, où résidaient les membres de la délégation, a été lancé aux environs de 03 heures du matin. Devant le portail dudit hôtel, à quelques encablures du poste de gendarmerie, le Chef des « djihadistes- Ekang », un certain Ondo Eyimi Jean, que secondait son petit frère Ndong Eyimi, les deux entourés de quelques sbires, a lancé les hostilités, sous l’œil indifférent, voire même complice, des gendarmes qui se contentaient d’admirer le spectacle. Jet de pierres, injures publiques et agressions verbales, menaces de mort ; tout y était. Des armes que leur aurait fournies le CTRI, étaient à leur disposition, disaient-ils à qui voulait l’entendre.
« Bilie By Nze sors de cet hôtel, je vais d’abattre comme un chien » ; « si Bilie By Nze traverse là, je lui mets les plombs » ; « Bilie By Nze nous ne voulons pas de toi dans le Woleu Ntem, retournes chez toi » ; « Bilie By Nze dehors, le Woleu Ntem c’est chez nous, pas chez toi », proféraient Ndong Eyimi et ses sbires, lesquels donnaient l’impression d’avoir perdu toute raison, habités qu’ils étaient par une haine viscérale. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement.
Désœuvré depuis plusieurs années, la soixantaine révolue, ce dernier, Jean Ondo Eyimi, un ancien homme à tout faire de Maixent Accrombessi, a enfin trouvé un emploi de chauffeur du Président d’Ossimane, le demi-frère de Brice Clotaire Oligui Nguema, Aurélien Mintsa mi Nguema, devenu l’Ayatollah du Woleu Ntem devant lequel tout le monde se prosterne. Enfin presque !
Approchés, et presque dans un délire débile, Jean Ondo Eyimi et les siens disent reprocher à Alain Claude Bilie By Nze le fait de ne pas s’être mis aux côtés, sinon aux ordres, de son frère Brice Clotaire Oligui Nguema pour porter la voix des Fang désormais au pouvoir. Il a plutôt adopté la posture d’opposant. Ce qui constitue à leurs yeux un crime lèse –Ekang.
Un tel raisonnement, à la frontière de la démence, vaut ce qu’il vaut. Il est à la hauteur de ses auteurs formés à l’école du tribalisme par les Marc Ona Essangui et autres.
Quoi qu’il en soit, toujours est-il qu’il se pose là les épineux problèmes de l’unité nationale et de la cohésion sociale, de plus en plus fragilisées depuis le coup d’Etat militaire du 30 août 2023.
Dans une déclaration faite à chaud depuis Mitzic, la Plate-forme « Ensemble Pour le Gabon » s’interroge en ces termes : « En faisant du Woleu Ntem un territoire interdit aux Gabonais d’autres provinces, quand on sait que des associations à caractère clanique et tribaliste y ont été créées, n’assiste –t-on pas là à une exacerbation du repli identitaire, que feront les Gabonais d’autres provinces qui verront débarquer les ressortissants du Woleu Ntem chez eux ? ». Avant de conclure par cette alerte : « l’unité nationale est menacée ».