Un projet rendu public à l’issue du dernier conseil des ministres peut paraitre anodin et est presque passé inaperçu. Dans le communiqué final sanctionnant les travaux dudit conseil des ministres, on peut lire : « Ministère de l’Economie numérique et des Nouvelles technologies de l’Information : « Au terme de la communication du Ministre, le conseil a marqué son approbation pour le don du royaume – au départ il était écrit république- islamique d’Arabie Saoudite, pays ami, qui servira à la construction d’un centre scientifique et islamique ».
Le communiqué précise : « En effet, ce projet vise à répondre aux besoins éducatifs, religieux et culturels des populations ».
Ce qui voudrait dire que ces « besoins éducatifs, religieux et culturels des populations » gabonaises dépendent et ne peuvent se nourrir rien que de la doctrine de Mahomet et de l’adoration d’Allah, le tout puissant, et non des valeurs qu’elles peuvent puiser de leur histoire ancienne, de leur propre culture, de leurs religions ancestrales et de leurs us et coutumes.
On ne peut mieux faire pour renforcer l’aliénation culturelle qui a dépossédé les peuples d’Afrique noire d’eux-mêmes depuis les temps coloniaux, lorsqu’on leur apprenait par exemple que « leurs ancêtres étaient des Gaulois » !
Le même communiqué continue : « Aussi, ce centre sera –t-il un espace inclusif, ouvert à toutes les composantes de la population gabonaise, contribuant ainsi au renforcement de la cohésion sociale (sic).
Rappelons que l’islam est une religion monothéiste d’origine sémite, tout comme l’est le christianisme. Les deux se disent des religions révélées aux hommes par Dieu, Allah pour les musulmans et Iaweh pour les chrétiens. Ce sont deux religions conquérantes, dès le moment qu’elles se disent être à vocation universelle. Ce n’est donc pas pour rien que la colonisation s’est accompagnée de l’évangélisation et de l’islamisation des pans entiers du monde. Il y avait d’une main la bible ou le coran et de l’autre la chicotte. Les peuples en furent meurtris, notamment ceux d’Afrique Noire
Pour ne parler que de l’islam, deux grands courants se disputent l’influence et même la conquête de plusieurs sphères culturelles et économiques du monde : les Chiites et les sunnites. Tous les foyers de guerres menées çà et là en dépendent. L’Iran des Ayatollah et les monarchies moyenâgeuses du golfe persique, telle l’Arabie Saoudite, sont les têtes de ponts et les principaux mentors, pourvoyeurs de fonds, d’un djihad- guerre sainte- qui s’importe, s’impose et se répand par la violence, partout où elle peut soumettre les peuples à la doctrine et aux enseignements du prophète.
Ces deux courants de l’islam ont engendré des hydres on ne peut plus tentaculaires dont les têtes agissent aujourd’hui en Tzétzénie, au Pakistan, en Afghanistan, en Syrie, en Irak, au Yémen, en Somalie, au Soudan, au Nigéria, au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, au Bénin et dans plusieurs autres pays tel le Mozambique. Ces monstres meurtriers ont pour noms : les Taliban, Al qaida, Etat islamique, Boko Haram, les chebab, bien d’autres avatars de l’islam intégriste.
Au nom d’Allah, le miséricordieux, ils se sont lancés à la conquête du monde des « impies »et des « mécréants », non sans y semé la terreur. Dans tous les pays suscités, c’est la terre brûlée. Les fous d’Allah, ces hordes de barbus intégristes tuent, amputent les membres d’êtres humains, brûlent tout sur leur passage et imposent la charia, la loi d’Allah. En Afrique de l’Ouest, ils y ont trouvé un ferment fertile, travaillé pendant des siècles par l’islamisation de cette partie du continent noir. Il leur est facile de s’implanter dans des pays comme le Mali, le Burkina –Faso, le Niger, le nord du Tchad, le Nigéria etc.
Dans le cas du Gabon, l’islam y est présent depuis le 19 ème siècle. Il y a pénétré par le Nord du pays. C’est ainsi de fortes communautés musulmanes s’y sont installées et enracinées. Leur dynamisme et leur apport économique a beaucoup fait prospérer cette partie septentrionale du Gabon. Des villes comme Bitam, Minvoul, Oyem, Mitzic et même Makokou leur doivent en partie leur essor. Jusque- là l’implantation de ces communautés musulmanes n’a jamais posé de problème.
La menace a commencé à se faire sentir lorsque, dans les années 70, celui qui s’appelait encore Albert Bernard Bongo, décide de se convertir à l’islam en devenant El Hadj Omar Bongo, puis Omar Bongo Ondimba. Des minarets ont alors commencé à fleurir dans tous les quartiers de Libreville. Des mosquées luxueuses ont été construites çà et là. Et tout ceci a fait le lit des Djihadistes qui ont commencé à privilégier la destination-Gabon. On en trouve aujourd’hui partout. Le vendredi, jour de prière pour les musulmans, les rues et les trottoirs de Libreville sont envahis. Difficile d’y circuler. Des appels à la prière fusent de partout.
Avec la construction de ce centre scientifique et islamique en terre gabonaise, don de l’Arabie Saoudite, c’est le courant sunnite qu’incarne ce royaume moyenâgeux du Golfe persique qui risque de s’imposer dans le pays, surtout qu’il est question de « répondre aux besoins éducatifs, religieux et culturels des populations », tel que le souligne le conseil des ministres qui a approuvé le projet.
Le péril islamiste n’était plus loin du Gabon. Il y avance maintenant à petits pas feutrés. Les exemples des pays comme le Yémen, le Soudan, la Somalie, le Nigéria et de bien d’autres pays n’interpellent-ils pas, là où Chiites et Sunnites s’affrontent par groupes intégristes interposés ?
On sait toujours de quelle manière commencent ces situations, il est cependant difficile d’en prévoir la fin.