Le pays de Patrice Emery Lumumba est aujourd’hui en fragments. Impuissant Félix Tsisékédi n’ peut rien. La République démocratique du Congo est l’un des géants d’Afrique en termes de superficie et de démographie. C’est aussi l’un des plus riches au regard de ses énormes ressources du sol et du sous-sol ? Raison pour laquelle le roi des Belges en avait fait sa propriété exclusive. Après l’ignoble assassinat du nationaliste et panafricain Patrice Emery Lumumba qui avait livré sa vie pour l’affranchissement de son peuple du joug colonial et pour son émancipation, des régimes fantoches y ont été installés. Le plus marquant est celui de Joseph Désiré Mobutu, devenu Mobutu Sessé Seko Kokobwendou Wazabanga. Ce dernier a régné sur le pays sans partage de 1968 à 1997. Un véritable régime de fer. Une pure dictature des Tropiques.
Après avoir été secoué par la bourrasque venue de l’Est-européen, laquelle lui a imposé une ouverture démocratique, il s’est finalement écroulé sans beaucoup de résistance, abattu qu’il a été par une rébellion venue des confins du Rwanda en tête de laquelle se trouvait un Joseph Kabila.
Petit pays enclavé d’Afrique australe, le Rwanda est finalement devenu une puissance militaire sous-régionale capable de faire et de défaire des régimes politiques. La République démocratique du Congo en sait quelque chose. Et les évènements du moment le prouvent. Félix Tsisékédi a beau crier au loup, tant qu’il abrite sur son sol des brebis venues des terres de son voisin, il en serait toujours ainsi ; le Conflit qui l’oppose à ce voisin s’éternisera et l’instabilité s’installera pour toujours dans son pays. Ces brebis, ce sont des groupes organisés d’extrémistes Hutu qui avaient perpétré le génocide Tutsi en 1997 et qui s’étaient réfugiés en RDC, à l’époque Zaïre, sous l’œil bienveillant des troupes françaises.
Du territoire congolais, ils mènent de temps en temps des excursions militaires en terre rwandaise. Ce qui ne peut qu’irriter le pouvoir de Kigali qui profite aujourd’hui de l’existence du mouvement dit « M23 » pour en découdre avec eux.
Il s’agissait, dans un premier, d’un mouvement monté de toutes pièces depuis l’Ouganda par quelques déserteurs des Forces armées de la république démocratique du Congo « les FARDC), auxquels se sont associés des voyous et autres hors-la-loi.
Depuis la frontière Ougando-congolaise, ils se sont mis à attaquer des villages, tuant leurs habitants et emportant du butin. De véritables terroristes ! Puis ils se sont approprié des mines de diamant, de cuivre, de cobalt et autres pierres précieuses. Ce qui leur a permis d’accumuler le nerf de la guerre, devenant ainsi une puissante organisation politico- militaire récupérée, à dessein, par Paul Kagamé, qui en fait aujourd’hui un instrument lui permettant d’en découdre avec les groupes de Hutu qui déstabilisent son pouvoir et d’installer un régime qui lui est favorable à Kinshasa. Un allié de Félix Tsisékédi, celui-là même qui avait proclamé sa victoire contestée à la Présidence de la république en 2019, est entré dans la danse, après avoir créé un mouvement politique, l’Alliance du Fleuve Congo. Et l’équation s’est de plus en plus corsée pour le maître de Kinshasa qui vacille désormais dans son fauteuil. Il risque d’en être éjecté dans si peu de temps tant la marche du mouvement M23 pourrait inexorablement déboucher sur Kinshasa.
Tergiverser et louvoyer comme il le fait en ce moment en refusant de négocier avec ses ennemis internes, dont leM23, tout en indexant rien que les autorités de Kigali, est synonyme de noyer le poisson dans l’eau