Ce qui s’est passé à Mitzic dans la nuit du 12 au 13 février 2025 et qui s’est prolongé, au vu et su des autorités de la province du Woleu Ntem, dans la matinée du 14 février 2025, est très grave. Ce sont les fondements même de la nation gabonaise, encore en gestation, qui ont été sapés. D’ici là que le pays se retrouve fragmenté en micro-entités communautaires géo-ethniques, il ne reste qu’un pas, par le seul fait que dans le Woleu Ntem, d’aucuns ont décidé de faire de Brice Clotaire Oligui Nguema, le fameux « Mong ya Dzè »- l’enfant du village- qu’il n’était pas jusqu’à présent, en feignant d’ignorer, par opportunisme, que dans la culture- Ekang, tout enfant né hors mariage appartient à la famille maternelle.
De quelle manière réagiront les populations de l’Ogooué Ivindo, province dont Alain Claude Bilie By Nze est originaire, en entendant celles du Woleu Ntem scander : « Bilie By Nze, nous ne voulons pas de toi dans le Woleu Ntem, retourne chez toi- sous-entendu dans l’Ogooué Ivindo (Ndlr) ». Ou encore : « Bilie By Nze dehors, le Woleu Ntem c’est chez nous, pas chez toi ».
Ali Bongo Ondimba était ce qu’il était et cumulait toutes les tares que l’on lui attribuait, cependant, au cours de ses 14 années du magistère, puisque d’aucuns réduisent l’histoire du Gabon postcolonial à cette seule période, nul n’avait jamais entendu de tels propos tenus au nez et la barbe des autorités provinciales, notamment judiciaires, sans que leurs auteurs soient interpelés et poursuivis.
De là à soupçonner une complicité entre les sbires de Ossimane et les différentes sphères de l’Etat, il n’y a qu’un petit pas que beaucoup n’hésitent pas de franchir. Ce d’autant plus que rien ne peut justifier qu’à quelques mètres de la zone des hostilités, se trouve la brigade de gendarmerie locale et nul n’y a bougé le moindre petit doigt. Mieux rendue sur les lieux, la Procureure de la République, près du tribunal de première instance de la Province du Woleu Ntem, a assisté à tous ces actes de barbarie, ponctués par des injures publiques et des menaces mort, sans qu’elle ne trouve rien à redire. Le mieux qu’elle ait trouvé a été de demander à Alain Claude Bilié By Nze et sa délégation de rebrousser chemin parce que, a-t-elle avoué, elle ne pouvait leur garantir la sécurité. Aveu d’impuissance ou de complicité ? L’opinion se fera sa petite idée.
Beaucoup d’observateurs de la vie politique gabonaise ont, eux, été à cet effet stupéfaits par la réaction du ministre de l’intérieur, mettant dos à dos les fauteurs de troubles de Mitzic et ce qu’il appelle les « acteurs politiques » qui, selon lui, font de la « provocation « et tiennent des « propos incendiaires ». Entre d’autres termes, le Ministre de l’intérieur met au même pied d’égalité le voyou de grand chemin Jean François Ondo Eyimi, ex- chauffeur de Robert Ontala, avant de se mettre au service de Maixent Accrombessi, puis d’Aurélien Mintsa mi Nguema et Alain Claude Bilie By Nze
Qu’y a-t-il de « provocation » et de « propos incendiaires », venant de ce dernier, puisque c’est lui qui est visé, que de dire aux Gabonais qu’il devient plus qu’impérieux de rompre avec l’ordre ancien en se débarrassant totalement d’un système politique ayant fait beaucoup de torts aux Gabonais ?
Il n’ y a que les Hermann Immongault et autres vestiges de cet ordre ancien qui peuvent se sentir provoqués et estimer qu’il s’agit là de « propos incendiaires ».