L’actuel ministre de l’énergie est un Pdgiste pur-sang qui était allé se recycler un moment donné dans l’opposition à Ali Bongo Ondimba, après une brouille avec son mentor politique du même terroir, Richard Auguste Onouviet. Lorsque Guy Nzouba Ndama créé son parti politique, Les Démocrates, il l’y rejoint avec armes et bagages. Ce qui lui avait donné une certaine aura lui ayant permis de se faire élire député à l’Assemblée nationale pour le compte d’une des circonscriptions de la commune de Libreville. Il en profita alors pour se rendre célèbre avec des interventions au verbe haut et fort au sein de l’hémicycle. L’on se souviendra de celle relative à la construction de la route à deux voies entre Libreville et Ntoum. Les Gabonais s’en régalaient
Puis, avec la « grande Concertation nationale » de février 2023, entre la majorité de l’époque et l’opposition, la distance qui séparait Akure Davain et le pouvoir incarné par Ali Bongo Ondimba devint de plus en plus courte, et même très courte. Il fut le Co-président, côté opposition, de ces assises, face à un certain Alain Claude Bilé By Nze. Rapprochement logique, puisqu’il s’agissait de sardines d’une même boîte. Toutes les décisions emblématiques du Dialogue Politique de 2017 furent remises en cause lors desdites assises, dont celle des élections politiques à deux tours de scrutin. Du côté de cette opposition de l’époque, Davain Akure en porte le chapeau. En contrepartie de quoi ? Il en garde le secret, même si l’actuel Président de laTranstion le lui a rappelé, avec un brin d’ironie et sous forme d’une accusation à peine voilée, lors de sa toute première prise de contact avec les forces vives de la nation, dont les partis politiques.
Le voilà membre du gouvernement, avec dans ses mains un dossier d’actualité brûlante, la fourniture d’eau et d’électricité aux populations gabonaises. Une véritable patate chaude dont il ne peut vite se débarrasser, tant la situation est grave. Il sait désormais ce que c’est que gouverner. Peut- être a-t-on voulu le tester, lui qui se voulait hier donneur de leçons ?
On écrirait tout un livre sur la SEEG. Et le titre serait : de « correct à incorrect ». Ce ne sont guère ses agents qui seraient mis en cause. La responsabilité incombe à l’Etat gabonais qui a tout fait pour que l’on en arrive là. Une responsabilité aujourd’hui assumée par l’ex-député de la commune de Lambaréné, ceux qui l’ont mis à cette place ayant voulu le faire passer de la parole à l’acte.
Dans un premier temps, cette société était devenue la vache laitière dudit Etat qui y puisait ses ressources financières pour régler ses problèmes, au détriment du renouvellement et de la maintenance de l’outil de production. Le même Etat s’est mis à consommer, sans compter, de l’eau et de l’électricité en cumulant une dette colossale .Et l’ardoise est lourde, parallèlement à un organigramme qui pèse également lourd sur ses capacités financières.
S’étant rendu compte que la société risquait une paralysie, il (l’Etat Gabonais) a préféré la brader au bénéfice de la multinationale française Veolia dont la vocation et la renommée n’étaient, jusqu’alors, la production de l’eau et de l’électricité.
Il n’a pas fallu très longtemps pour le gouvernement gabonais se rende compte que rien n’allait. Privation d’une bonne partie du territoire nationale de ces deux produits vitaux, délestages récurrents dans les rares zones alimentées Et ce fut la résiliation de la convention, coûts prohibitifs, services quelconques, les Gabonais n »en pouvaient plus et n’en peuvent pas toujours.
Le « pompier » Séraphin Akure parviendra-t-il à éteindre le feu ? Rien n’est moins sûr, tant il lui manque énormément d’eau, c’est bien le cas de le dire. Tout ce qu’il peut faire aujourd’hui, c’est appeler ses concitoyens à patienter dans le noir et la gorge sèche.