PDG-CTRI : retour à l’idéologie des groupes d’aliénation

On ne peut pas dire que le nouveau patron du Parti Démocratique gabonais cherche à innover en matière d’idéologie. Dans sa feuille de route, il ne tient pas à aller loin en termes d’idées et de pratique. Son premier souci est de réactiver les groupes d’aliénation- oh pardon, d’animation- ! Il semble en avoir gardé un très bon souvenir de l’époque du parti unique. Il a rêvé longtemps d’un retour de la période pendant laquelle les Kounabéli, Nkolengong, Centreville, Misséma, Moussékéni et autres berçaient les oreilles des Gabonais, tout en transformant des mères de familles et leurs progénitures féminines en « bougeuses de fesses ».

 Le spectacle permettait aux barons du régime de parti unique d’assouvir leurs fantasmes et leurs vices les plus pervers des barons du pouvoir de l’époque, ceux du PDG mbê, ossu, Milôlô. Ce fut la grande époque pendant laquelle un certain Ekomie donnait, à travers et la télévision,  des cours magistrats de militantisme à la gloire du Président-fondateur, du Grand Camarade, du Guide éclairé, du Grand Timonier. Le petit livre vert était son support pédagogique.


Pour glorifier le Grand « Camarade » et se faire une place au sein de la cour de noblesse, chaque baron local constituait son groupe et l’entretenait à coups de millions de Francs CFA, pendant que les routes se dégradaient, faute d’entretien et que les systèmes de santé et scolaires entraient progressivement dans un état de déliquescence.

 Inspirées par des groupes du même type qui chantaient à la gloire d’Eyadema, lesquels étaient  venus s’exhiber à Libreville dans les années 70, des Gabonaises avaient pris le relais, sous la houlette d’une certaine Joséphine Bongo, alias Patience Dabany. Elles ont tenu les Gabonais en haleine jusqu’à la tenue de la Conférence nationale de mars-avril 1990. Beaucoup de foyers conjugaux se sont entredéchirés et se sont disloqués, en raison du conditionnement et de l’emprise de ces groupes d’aliénation sur certaines conjointes.

Pour la gent féminine, l’activité est dégradante et aliénante. Elle chosifie la femme et en  un objet de spectacle pour le plaisir et la jouissance des tenants du pouvoir. Elle est à l’antipode de son émancipation.

 C’est vrai que les femmes africaines, et donc gabonaises, aiment trémousser, quelles que soient les circonstances, pendant le deuil, à l’église, au moment des naissances, des mariages et autres fêtes familiales. Cependant, le patrimoine culturel gabonais est assez riche en termes de chants et d’expression corporelle,  pour que  ces exhibitions indécentes, et rappelons-le dégradantes, soient la seule manière, pour les femmes gabonaises, de s’exprimer et s’imposer dans la sphère politique, au même titre que les hommes .Raison pour laquelle certaines avaient compris, dès la fin de la Conférence de 1990 qu’elles ne pouvaient continuer à être instrumentalisées à des fins de politique spectacle.

Curieux alors que Blaise Louembé n’ait  trouvé autre chose pour la gent féminine, afin que cette dernière mette avant tous ses talents créatifs et inventifs pour sa contribution à l’essor du développement économique et social du pays, que ce retour aux groupes d’aliénation d’antan ce. en ce 21ème siècle.

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