Les mêmes forces qui avaient barré la route de la Présidence de la république à Jean Ping en 2016 sont exactement celles-là qui détiennent actuellement le pouvoir suprême au Gabon. Il s’agit de la Garde républicaine, jadis dénommée Garde Présidentielle, le R s’étant substitué au P.
Une Garde montée de toutes pièces, à la demande de Jacques Foccart, par des mercenaires français, dont le très tristement célèbre BOB Denard, lequel avait pris ses quartiers à Donguila, pour protéger Albert Bernard Bongo, lequel venait de s’emparer des rênes de l’Etat Gabonais, suite au décès de Léon Mba Minko m’Edang. Un Albert Bernard Bongo imposé au peuple gabonais par la nébuleuse Franç’Afrique qui avait préalablement tripatouillé la Constitution de l’époque pour qu’il en soit ainsi.
Le pouvoir qui s’est par la suite installé au Gabon, ce depuis 1968, avait deux branches, une civile et une autre militaire. Si la branche civile était incarnée par le Parti démocratique Gabonais, jadis parti unique et parti-Etat, la Garde présidentielle, devenue Garde républicaine est, et l’est toujours, la branche militaire. Elle est un corps d’élite, surarmée, suréquipée, commandé depuis toujours par des ressortissants d’une seule province du pays, le Haut-Ogooué.
Il n’y a que cette dernière qui était à même de perpétrer un coup d’Etat, les autres corps de l’armée gabonaise n’étant que des figurants. C’est ce qui s’est passé dans la nuit du 30 août dernier, à la suite d’une mésentente entre la « Young Team » de Sylvie Aimée Valentin Bongo Ondimba et Noureddin Valentin Bongo Ondimba et les hauts gradés de cette garde républicaine.
Du coup le pouvoir des Bongo, père et fils, qui se partageait entre la famille de Bongoville –ex Lewai- qui avait le contrôle de la branche civile et celle Ngouoni qui avait le commandement de la branche militaire a entièrement basculé à Ngouoni.
Et lorsqu’ Albert Ondo Ossa, pour parler de lui, soutient qu’il ne s’est agi que d’une « révolution de palais », pour qualifier les évènements survenus au Gabon dans la nuit du 30 août 2023, tout semble lui donner raison.
Seulement voilà, il semble n’avoir pas intégré dans son analyse, quoi que rigoureusement intellectuelle, que la polique est d’abord, et surtout, une affaire de rapport de forces et que c’est ce dernier qui est déterminant pour atteindre l’objectif visé, dont celui de la conquête du pouvoir.
Les mêmes forces qui ont empêché Paul Mba Abessole, par exemple, d’accéder au pouvoir en 1993, après avoir gagné l’élection présidentielle dans les urnes, sont également et tout aussi celles qui se sont mises au travers d’André Mba Obame en 2009, avec chars d’assaut, automitrailleuses et autres armes de guerre. Ce sont toujours ces forces qui ont usé des mêmes moyens pour arracher la victoire électorale à Jean Ping en 2016.
Tout ceci s’est fait par la violence des armes et au prix du sang des Gabonais. Des armes qui étaient dans les mains de ceux qui ont fini par s’emparer, eux-mêmes, du pouvoir dans la nuit du pouvoir dans la nuit du 30 août 2023 et sont pris pour des héros, des libérateurs.
Paul Mba Abessole, André Mba Obame et Jean Ping ont beau créer des hauts conseils de la Résistance, des gouvernements parallèles où déclencher la résistance, cela a toujours été peine perdue. Face à eux Il y a toujours eu plus fort. Et c’est ce plus fort qui s’est emparé des leviers de l’Etat dans la nuit du 30août 2023.
Pendant sept (7) ans, Jean Ping se voulait le « Président élu des Gabonais. Au nom d’une « résistance qu’il avait proclamé du bord sa piscine, il multipliait des déclarations et rassurait tout le monde que la fin du régime des Bongo était proche. Chaque fin d’année, il adressait un discours à la nation tout en demeurant un chef d’Etat fictif.
A l’entendre s’exprimer, Albert Ondo Ossa semble vouloir marcher sur ses traces. Et les mêmes causes risquent de reproduire les mêmes effets.