GAB-OIL, CNAMS, Ministères de l’économie et des participations, du budget des comptes publics et de l’Agriculture, la série noire des détournements des deniers et biens publics, de la corruption et de l’enrichissement illicite défraie la chronique et tient en haleine l’opinion nationale.
Il ne se passe plus un seul jour, sans qu’un scandale financier ne soit révélé. Les coupables, présumés, ne sont pas n’importe qui .Il s‘agit de hauts commis de l’Etat et de ministres nommés par le CTRI pour assainir les finances publiques et gérer autrement, au nom de la « restauration des institutions » et de la rupture avec le passé.
Parmi ces derniers, des donneurs de leçons d’hier. Des personnes qui écumaient les plateaux de chaines de télévision à l’extérieur du pays pour montrer à quel point le Gabon était mal géré, politiquement, économiquement et financièrement, sous Ali Bongo Ondimba. Ce qui était sans doute fondé.
Ali Bongo s’en étant allé, suite à une « révolution », pensaient d’aucuns, puisqu’il a été question pour eux d’un « coup de la libération » (sic), qui aurait pu imaginer qu’en un temps record, près d’un an, que les « libérateurs » autoproclamés allaient faire pire que lui.
En 16 mois, le génie économico-financier May’s Mouissi et l’expert-comptable de renommée Charles Mba Ekome ont mis l‘économie et les finances publiques du pays par terre. L’endettement est colossal, près de 78. 0/0 du Produit intérieur brut. Du coup la dette publique tend progressivement vers les 10.000 milliards de Francs CFA, soit 1500 milliards de dette en 15 mois. La plupart des clignotants économiques et financiers sont au rouge et les institutions monétaires internationales sévissent. La masse salariale grimpe, en raison des recrutements tous azimuts dans la fonction publique, notamment au sein des forces de défense et de sécurité. La signature du pays n’est plus crédible. Toutes les agences de notation font dégringoler la note du Gabon
Et comme si cela ne suffisait pas, pendant que les populations trinquent et tirent le diable par la queue, les deux ministres susnommés sont accusés d’avoir touché des pots de vin dans un contrat d’attribution de bateaux –usines turcs, lesquels devaient alimenter le pays en électricité, au regard des délestages récurrents subis par les ménages gabonais depuis plusieurs mois.
Ils doivent s’en expliquer devant la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Parce que, soupçonne ladite Commission, les deux ministres présumés coupables se seraient enrichis illicitement. On parle, par exemple, de somptueuses villas, de bunker et d’appartements luxueux construits par l’actuel ministre de l’environnement et du climat, chez lui à Ndendé et à AKanda à Libreville.
Ali Bongo et les siens n’ont pas fait pire. A la seule différence qu’eux, au moins, ont mis du temps à réaliser de tels investissements pour eux-mêmes.
Ce n’est pas tout. Du côté du ministère de l’agriculture, un autre scandale vient d’être éventé par des syndicalistes agissant au niveau de ce département ministériel. Plusieurs véhicules qui étaient destinés au fonctionnement dudit Ministère auraient été subtilisés et habilement dissimulés dans le domicile privé du ministre actuel des transports, Jonathan Ignoumba. Les syndicalistes en ont été informés et ont saisi le Commissariat de police du 5ème arrondissement de Libreville, lequel a commis des éléments sur les lieux. Et ces derniers ont constaté que les faits étaient avérés
Informé, les sources proches du dossier confirment que le ministre Ignoumba s’est effectivement rendu sur place et que dans sa colère, il n’a pas manqué de proférer des injures et même des menaces de mort à l’endroit des syndicalistes ayant découvert le pot aux roses.
Il faut dire que ce dernier, le Ministre Jonathan Ignoumba, n’est pas un premier venu de la scène politique gabonaise. Il semble de ce fait avoir gardé les mœurs et les pratiques d’antan. C’est un vieux de la vieille. Un vieux briscard.
Affidé de Guy Nzouba Ndama lorsque ce dernier officiait, pendant une vingtaine d’années, au perchoir de l’Assemblée nationale, lequel en fit un inamovible questeur de l’institution, il avait suivi son mentor dans sa courte aventure dans l’opposition à Ali Bongo, avant de le lâcher pour revenir au PDG, quelque temps avant l’élection présidentielle du 26 août 2023. Aujourd’hui, il arbore de nouveaux habits aux couleurs du CTRI, en devenant, lui-aussi, un « libérateur » (resic).
Avec de telles mœurs et pratiques, il y a de fortes chances que les Gabonais regrettent, malheureusement, l’époque[CM1] d’Ali Bongo Ondimba. Faire en un an et demi ce que ce dernier[CM2] a réalisé en quatorze (14) ans, n’importe qui n’est capable d’un tel exploit. A son corps défendant, et sans jouer à l’avocat du diable, lui au moins a mené deux opérations de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, lesquelles ont conduit dans les geôles de la Prison centrale de Gros –Bouquet de Libreville, certains de ses ministres, tels Gambia, Ngoubou et consorts, et aussi plusieurs directeurs généraux d’administration centrale, des douanes , du budget, de la marine marchande et bien d’autres encore.
En ces moments de transition politique, pendant laquelle l’impunité ne devrait plus être la règle, la seule sanction appliquée est la suspension des fonctions, sans qu’aucune enquête judiciaire ne soit ouverte.