Le Tombeur D’alpha Condé persiste et signe. Ni lui-même, ni aucun autre membre du Conseil National du Rassemblement de la transition ne sera candidat aux prochaines élections qui vont avoir lieu en Guinée –Conakry à l’issue de la Transition en cours. Il l’avait déjà dit, il vient de le confirmer récemment au cours d’une allocution devant ce Conseil.
Il y a quelques mois, le journaliste Alain Foča lui avait déjà posé la question, en insistant sur le cas du capitaine Dadys Camara qui, en son temps, avait pris le même engagement ferme, mais qu’il avait fini par ne pas honorer, en tentant de vouloir s’éterniser au pouvoir ; même au prix du sang de ses concitoyens ; D’un ton serein et de manière calme, il lui avait répondu : « en tant que soldat, nous tenons beaucoup à la parole donnée »
N’y a-t-il pas lieu de se poser la question de savoir s’il y aurait deux types de soldats, ceux qui tiennent effectivement à leur parole et honorent leurs engagements et d’autres qui font savoir, de par leurs actes, que les promesses ne tiennent que pour ceux qui y croient. Les militaires Gabonais qui perpétré le coup d’Eta du 30 août 2023, avaient juré, eux-aussi, la main sur le cœur, qu’ils remettront le pouvoir aux civils après avoir restauré les institutions et organisé des élections libres, transparentes, inclusives et crédibles. On en est loin aujourd’hui.
Qu’est ce qui s’est passé entre temps ? Le « goût du pouvoir », soutiennent certains observateurs avertis de la vie politique gabonaise, avant d’ajouter : « la pression des lobbies militaires et aussi ethniques poussent le chef de la transition gabonaise à se porter candidat à la prochaine élection présidentielle ».
Analyse qui ne manque pas de pertinence et de fondement au regard du foisonnement d’une multitude d’associations claniques et claniques qui appellent à la candidature du Général Brice Clotaire Oligui Nguema ; et à en juger par le train de vie que mènent en ce moment les officiers des différents corps d’armée membres du CTRI.
Le profil d’une telle candidature se dessinait déjà depuis le Dialogue National inclusif- exclusif d’Angondjé. Toutes les commissions, aux dires de ceux qui y avaient pris part, avaient été fortement verrouillées par des hommes en treillis. Et les recommandations qui en ont découlé ne pouvaient être favorables qu’à l’un des leurs, dans la perspective d’une élection présidentielle. La preuve, la Constitution qui en est issue n’a été qu’un prêt- à- porter pour ce potentiel candidat galonné. Le code électoral en voie d’adoption va donc finir par dégager le profil définitif puisque, et désormais, les militaires vont faire leur entrée dans l’arène politique.
Jusque-là, dans cette arène politique, les différents acteurs s’affrontaient oralement et les mains nues. Maintenant que les militaires vont y entrer avec des bazookas, des kalachnikovs, des fusils et des chars d’assaut, des automitrailleuses, le désastre n’est pas loin.
C’est certainement ce type de situation catastrophique que tiennent à éviter les hommes en treillis du pays d’Ahmed Sékou Touré, en décidant de rentrer dans leurs casernes après la Transition. Eux ont vécu, avec Dadys Camara, les effets dramatiques d’un cocktail explosif constitué de civils et d’hommes armés au sein d’un même champ de batailles politiques.