13000 fantômes hantent l’administration publique gabonaise

On en trouve partout, ces fantômes. Dans les écoles, les collèges et  lycées, les hôpitaux et dans tous les services de l’administration publique gabonaise, ces fantômes. Cela fait des années que l’Etat gabonais les traque, en vain. A-t-on jamais identifié et saisir un fantôme ! Il faut un sixième sens permettant d’aller au-delà du réel. Et cet au-delà ne se trouve pas toujours là où on le croit. Dans certaines provinces du pays, existent ces fantômes qui n’ont jamais mis pied dans une école, un dispensaire ou un hôpital, ou encore dans un quelconque bureau administratif, mais qui émargent depuis des lunes à la solde.

Ce sixième sens, le gouvernement de transition dirigé par Raymond Ndong Sima l’a eu récemment, en mettant la main sur 13000 fonctionnaires fantômes qui hantaient l’administration publique gabonaise. Du moins, c’est ce qu’il prétendait. L’exploit a été salué, tant d’autres qui s’y sont essayé avaient échoué. Il faut avouer qu’il est difficile de traquer un fantôme lequel, par définition, est insaisissable .Quelque chose hors du commun. Beaucoup plus une invention de l’esprit.

Invention de l’esprit, voilà qui a amené le gouvernement de transition à déclarer qu’il aurait déniché 13000 fonctionnaires fantômes dans l’administration publique gabonaise. Et la sentence ne s’est pas faite attendre, tous ont été mis sur bons de caisse et privés de salaire avant qu’ils ne les récupèrent. Seuls ont échappé à cette sentence les corps habillés et vous comprendrez pourquoi.

Du coup, la majorité des agents de l’Etat gabonais sont aujourd’hui sans salaire. Et il ne s’agit pas de fonctionnaires fantômes, comme on l’a prétendu, mais des hommes et des femmes ayant obtenu leurs attestations de présence au poste, qui s’y rendent régulièrement et qui accomplissent leurs tâches comme cela se doit. Ils sont devenus des fonctionnaires fantômes tout simplement parce que personne ne les a jamais recensés. Seuls ceux de Libreville, même pas le « Grand Libreville », l’ont été.

Moralité, presque toute l’administration publique gabonaise est aujourd’hui paralysée, écoles, collèges et lycées sont fermées, y compris certains services de l’administration publique. A Ntoum, Essassa, Kango, Cocobeach, Fougamou, Okondja, Bitam et partout ailleurs ; les plusieurs agents de l’Etat ne répondent plus présents à leurs postes, occupés qu’ils sont à rechercher leurs bons de caisse, pendant que leurs familles respectives triment, tirant le diable par la queue. Certains qui ont  qui ont été mutés sont obligés de repartir dans leurs anciens lieux d’affectation où seront certainement envoyés les leurs. Et cela risque de prendre du temps. Un temps fou qui privera leurs familles de tout.

Voilà qui peut arriver lorsque le populisme force à vouloir appliquer la transparence !

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